jeudi 25 Décembre 2003
 S'abonner au Monde.fr - 5€ par mois
garder en
mémoire
oublié? Recevoir les newsletters gratuites
Actualités
Newsletters
Multimédia
Images
Télécharger
Références
Archives
Elections russes
Lemonde.fr Les Dépêches Le Desk Forums Conférences UTLS Examens 2004 Tour de la presse
Rechercher

depuis

A LA UNE
international
europe
france
société
régions
carnet
horizons
analyses & forums
entreprises
communication
aujourd'hui
météo
sports
sciences
culture

version texte

CHAINES
aden
examens 2004
finances
forums
mots croisés / jeux
automobile
shopping

ANNONCES
emploi
immobilier


Le Monde en PDF
Le quotidien pret à imprimer

Pourquoi les Japonais acceptent mieux les robots humanoïdes
LE MONDE | 23.12.03 | 12h56
Ne provoquant pas de rejet au Japon, les androïdes sont souvent considérés par les Européens comme concurrents des êtres humains.

Aibo, le robot-chien de Sony, aurait-il pu être conçu en Occident ? Ou Asimo, l'androïde de Honda, suivi par HOAP-2, de Fujitsu, et Qrio, de Sony ? Ces automates, de plus en plus habiles sur deux pieds, raniment une sourde angoisse en Europe alors qu'ils n'engendrent qu'admiration et affection chez les Japonais.


Cliquez ici !
Pourquoi cette différence face aux robots anthropomorphes ?

Cette question, rarement débattue, a fait l'objet d'un colloque intitulé "Robots : entre technolo-gie et culture", qui s'est tenu le 13 décembre à la Maison de la culture du Japon à Paris, lors de la manifestation "Hommes et robots, entre l'utopie et la réalité" (du 28 octobre 2003 au 13 janvier 2004). Autre fait rare : une réponse claire a été apportée par les intervenants. Pour eux, la réaction des Japonais et des Européens face aux robots révèle des différences culturelles profondes de conception de la notion d'humanité.

Frédéric Kaplan, chercheur au Computer Science Laboratory (CSL) de Sony à Paris, tente de cerner cette divergence en notant qu'en Europe la différence entre l'homme et la machine doit être redéfinie en permanence, alors qu'elle ne fait pas le moindre doute au Japon. Le logiciel d'IBM fonctionnant sur le supercalculateur Deep Blue qui a battu le champion du monde d'échecs Gary Kasparov, en 1997, illustre ce propos.

Les Occidentaux ont interprété cet événement comme une victoire de la machine sur l'homme. Si un ordinateur peut battre un homme aux échecs, alors il faut trouver d'autres domaines dans lesquels l'homme reste supérieur au robot.

LES ROBOTS PEUVENT VEXER

Frédéric Kaplan cite le philosophe allemand Peter Sloterdijk, qui remarque que "les robots peuvent vexer l'être humain". La victoire de Deep Blue a probablement provoqué un malaise plus profond, même s'il n'a exploité que des techniques brutales de calcul ultrarapide pour battre Gary Kasparov. Néanmoins, l'un des fiefs de l'intelligence humaine était violé. Et il fallait "redéfinir le delta", comme l'exprime Frédéric Kaplan, entre l'homme et la machine. Ce constat s'applique aux années 1980, lorsque l'arrivée de robots dans les usines et des ordinateurs dans le tertiaire a été considérée comme destructrice d'emplois. Ces rejets relèvent sans doute de la crainte profonde d'une substitution possible, à terme, de l'homme par le robot. Les Japonais ignorent ce sentiment. Pour eux, les robots sont des machines et les hommes sont des hommes, ce qui simplifie considérablement leurs relations avec les automates de tout poil.

Pour trouver une explication à cette troublante différence, Frédéric Kaplan remonte aux sources religieuses. "Dans le shinto, on ne trouve pas d'histoire de création technique de l'être humain", remarque-t-il. Et il note une légende édifiante. Lorsque la déesse Soleil se dispute avec son frère, elle se retire dans une grotte et prive le monde de lumière. Les hommes décident d'organiser une fête pour attirer le soleil hors de sa retraite. Mais il s'agit d'une fausse fête. Les hommes font semblant de s'amuser pour sauver le monde. Au Japon, "le naturel et l'artifice ne s'opposent pas", en déduit le chercheur.

Dans une histoire exploitée par la science-fiction nippone, un cyborg venu d'une autre planète dispose d'une technologie qui met l'humanité en danger. Les hommes apprennent à maîtriser cette nouvelle arme pour la retourner contre leur ennemi mais sans fusionner avec elle. Ils conservent l'outil à distance, ne confondent pas le corps humain et l'instrument artificiel.

En Occident, le rapport à la nature et à la vie fait, en revanche, largement appel au divin. Dans la Genèse, Adam est d'abord façonné avec de la poussière terrestre, comme une poterie inerte, et c'est le souffle de Dieu qui l'anime. De la même façon, nombre de tentatives de création de la vie par l'homme, dans la littérature et le cinéma de science-fiction, répartissent les rôles. Qu'il s'agisse de Pinocchio ou de Frankenstein, l'homme assure la fabrication matérielle de sa créature mais, pour lui donner la vie, il dépend de phénomènes plus ou moins surnaturels. Une sorte d'intervention divine nécessaire. On note que le clonage humain lui-même peut recourir à un courant électrique pour favoriser l'intégration du noyau de la cellule somatique dans l'ovocyte énucléé.

AFFICHER LA NATURE ARTIFICIELLE

Ainsi, pour l'Occidental, qu'il soit de culture juive, chrétienne ou musulmane, la création de la vie relève de Dieu. Plus le robot se rapproche de l'homme, plus le malaise grandit. Plus la machine singe les mouvements du corps humain, ses émotions et son intelligence, plus elle devient sacrilège. Paolo Dario, professeur à l'école supérieure Sainte-Anne à Pise, en Italie, ne dit pas autre chose lorsqu'il note que "la création d'un robot est un acte contre Dieu". Il explique pourquoi les machines, depuis le Golem de la Bible, sont considérées comme dangereuses pour l'homme : "N'ayant pas été créées par Dieu, elles n'ont pas le sens du bien et du mal."

Il est donc logique que le premier animal mécanique doté de facultés d'apprentissage, de communication et d'un embryon de langage, l'Aibo de Sony, soit né au Japon. Pourtant, l'aspect métallique du robot-chien peut surprendre. Marque-t-il une volonté d'afficher la nature artificielle de l'animal ? Hiroaki Kitano, directeur du Computer Science Laboratory de Sony, qui, au Japon, a conçu Aibo, explique qu'un exemplaire du robot avait été doté d'une fourrure. "Cela faisait peur, car cela ressemblait trop à un chien...", déclare- t-il. De quoi troubler les Japonais eux-mêmes... En effet ; d'après Hiroaki Kitano, les personnes âgées préfèrent le robot à un vrai chien parce qu'avec lui elles ne sont pas inquiètent de l'avenir de l'animal après leur mort.

Michel Alberganti


Champions du monde de football en 2050

"Notre objectif, c'est de construire, d'ici à 2050, une équipe d'humanoïdes capable de battre les champions du monde de football selon les règles de la FIFA", lance sans sourciller Hiroaki Kitano, le directeur des laboratoires informatiques de Sony. Un rêve absurde ? Le chercheur japonais justifie un tel défi par ceux qui ont été relevés dans le passé. Qui aurait prédit, après le premier vol piloté humain, en 1903, que l'homme poserait son pied sur la Lune en 1969 ? De même, à peine plus de cinquante ans séparent les premiers ordinateurs d'IBM de celui qui a battu le champion du monde d'échecs. Depuis 1997, une Coupe du monde de football des robots est organisée. La dernière édition, à Padoue (Italie), a rassemblé 224 équipes réparties en 5 ligues, dont celle des humanoïdes, qui existe depuis 2002.

 ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.12.03






Les livres de sciences au meilleur prix sur Kelkoo
Sur Kelkoo, cherchez votre livre de sciences chez les meilleurs libraires du web en un clic !
Acadomia : cours de physique à domicile
Soutien scolaire. Acadomia propose à ses élèves une évaluation à l'aide d'un bilan pédagogique Nathan et conçoit ensuite un programme de cours particuliers à domicile.
Sciences : tous les livres sur Amazon.fr
Trouvez tous les livres pour préparer vos études supérieures, neufs et d'occasion. Livraison gratuite à partir de 20 EUR d'achats
  







Article au format texte pour impressionEnvoyer par email cet article à un amiClasser cet article dans votre classeur personnel


A lire aussi
 
LE MONDE | 23.12.03
LE MONDE | 17.12.03
LE MONDE | 17.12.03
LE MONDE | 16.12.03
LE MONDE | 16.12.03


fiches pays
 
Accédez à un pays


American Express
 Gold Card : des services et avantages exclusifs
WineandCo
A saisir !
Copa Santa 2001 : -17% par 6blles





Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Monde 2003
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.
Politique de confidentialité du site.
Besoin d'aide ? faq.lemonde.fr